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Chorégraphe finlandaise, à la fois danseuse, directrice artistique et professeur, Päivi Aura a acquis une large expérience dans les différents domaines de la danse et des arts proches de cette discipline, après des études de danse au Theatre Academy. En 1998, elle crée des spectacles de danse à destination des enfants et des seniors, et développe avec ces publics et en lien avec les professionnels qui les accompagnent, des projets et des activités artistiques et culturelles.
Päivi Aura est l’une des pionnières en Finlande à dédier son travail aux tout-petits. Après plusieurs années en free lance, elle fonde en 2006 la compagnie Dance Theatre Auraco, dont elle assure la direction artistique.
« Etre juste là en silence dans une écoute partagée avec les bébés »

Au cours de vos séances chorégraphiques improvisées avec les bébés, quelle est la place de l’adulte ?
Lorsque j’improvise avec les enfants, il n’y a pas de hiérarchie entre eux et moi, nous sommes sur un même plan d’égalité, c’est une situation qui existe rarement. Bien entendu, je possède une expérience corporelle et spirituelle, mais je cherche à y renoncer pour tenter d’être juste là dans une écoute partagée et ouverte avec les enfants. Parfois, je suis une observatrice, parfois peut-être un guide, mais je ne suis jamais l’adulte qui sait et qui façonne. Les enfants sont très habiles, nous partageons une même règle du jeu qui m’interdit de prendre la main et de tricher.
Qu’est-ce que les enfants vous apprennent ?
Ils m’enseignent surtout la patience et le courage d’attendre. La tâche peut-être la plus difficile est d'être sous leur regard, de ne pas précipiter une solution, de donner à l’enfant la possibilité de décider, lorsque le moment est venu d’agir. J’apprends à faire face en permanence à mes propres limites. Nous autres adultes, nous projetons sans cesse l’instant futur alors que l’enfant a une capacité de vivre avec beaucoup d’intensité le présent. C’est un apprentissage passionnant.
Est-ce que votre travail avec les enfants est "révolutionnaire" en Finlande ?
Je ne sais pas si mon travail est révolutionnaire mais il est exceptionnel et très novateur pour le grand public. Je me suis engagée en toute conscience dans une démarche artistique qui, dans le silence, appréhende un rapport au temps, à soi et à l’autre différent.
Vous faîtes partie du projet initié par Agnès Desfosses, qui est un laboratoire artistique interculturelle. Quelle sera la nature de votre travail ?
En Finlande, nous allons lancer un projet à la fois chorégraphique et plastique dans deux jardins d'enfants de deux villes très différentes. Nous allons travailler avec deux groupes d'enfants âgés de 1 à 4 ans, en impliquant les professionnels de la petite enfance et les parents. Ma démarche reste la même, elle explore les thèmes du silence, du temps, de l’être et du partage. Je suis très curieuse de voir comment cette même expérience sera vécue ensuite à l’étranger, dans des cultures différentes.
Propos recueillis par Dominque Duthuit
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